Résidence Lyon 7èmeChamps Nocturnes est une occasion amusante et douce de porter un regard différent sur la nuit, de prendre le temps de ce passage vers un retour sur soi pour mieux aller vers l’autre, quelque soit sa nationalité, son âge ou son statut social.
Les objectifs de notre intervention
Ils s’inscrivent dans le cadre d’un travail inter-culturel entre la Chine et la France mené par la compagnie depuis plusieurs années et partagé avec le public lyonnais à travers deux créations franco-chinoises « Interférences Chinoises » et « Quartiers de lune » présentées dans le cadre de « Tout l’monde dehors » au Square Batonnet-Jacquier dans le 7è. Ce travail s’est effectué en partenariat avec les amitiés franco-chinoises, l’association des chinois d’outre-mer l’association des étudiants chinois, Asie-expo favorisant la rencontre et l’échange avec en particulier la population asiatique vivant dans le 7ème mais aussi suscitant entre différents types de publics davantage d’ouverture au dialogue, à la curiosité d’esprit et à une meilleure compréhension de l’autre.Notre présence dans le quartier nous a également permis de nous mettre en contact avec certaines structures comme l’association des commerçants du quartier de la Madeleine, le 6ème continent, l’hôpital St Luc mais aussi de créer des liens avec des habitants.Aujourd’hui, nous souhaitons impliquer et confronter davantage, dans cette expérience de croisement entre cultures, les habitants et acteurs locaux du 7è dans l’élaboration de micro- évènements et d’interventions proposés dans différents lieux de quartier : marchés, bibliothèques, cours et espaces extérieurs de la Cité des Jardins… en rapport avec le thème de la nuit et ce qu’elle évoque. Il va s’agir de :
- Fédérer les initiatives et les désirs d’expression créatives à travers des ateliers : associer des groupes d’habitants, en particulier de jeunes adultes à la réalisation des éléments scénographiques de notre action : caravane, lit-ambulant, exposition, œuvre calligraphique… - mener un travail d’écriture et d’expression avec un groupe de femmes
- Faire connaître aux habitants la culture chinoise qui est celle d’une partie de la population résidant dans le 7ème, permettant de développer une meilleure compréhension et une meilleure intégration des différences culturelles en organisant par le biais des bibliothèques des journées d’exposition vivantes (photos, objets, vidéo, musique…) avec intervention d’artistes chinois et français : calligraphie, chanson, contes… et témoignages des habitants (à travers la collecte d’écrits, d’images, d’enregistrements…)
- Créer la rencontre entre les habitants des Cités des Jardins de Gerland mais aussi avec d’autres acteurs du 7è et permettre l’échange sur un mode plus poétique – Faire connaître davantage ce secteur à l’extérieur et lui permettre de s’ouvrir, de sortir de son isolement tout en permettant aux personnes de se réapproprier leurs lieux de vie en organisant au pied des immeubles des « veillées » liées à des parcours-sensations dans la nuit en collaboration avec des habitants qui deviendraient « ceux qui invitent »
La réalisation de ces objectifs se fera à travers les dispositifs suivants :
- ateliers écriture-expression théâtrale avec un groupe de femmes animés par un écrivain et un comédien : 15 heures
- atelier déco, arts plastiques animé par un plasticien avec un groupe de jeunes adultes : 15 heures
- organisation de 3 « veillées » dans la Cité des Jardins dans 3 endroits différents
- réalisation de 3 temps d’expo vivantes (sur 4 ou 5 journées consécutives ) en lien avec les bibliothèques du 7ème avec une demie-journée d’interventions : contes, calligraphie, chansons…
- collecte de paroles avec la présence de la caravane-impressions de nuit sur des marchés différents – 3 séances
- recueil de confidences « sur l’oreiller » avec le lit-ambulant installé dans des espaces publics, des jardins ou square – 3 espaces
Avec en finalité Une soirée-événement: comme une Fête en hommage à la nuit, imprégnée des traces laissées par les habitants au cours des différentes actions menées et proposée comme un temps de rencontre et d’échanges.
Partenariats
Partenariats envisagés dans l’élaboration des actions et leur communication :
- le CIF
- les éducateurs de prévention
- les équipes d’insertion
- les bibiothèques Jean Macé, de Gerland et Guillotière
- l’association des amitiés franco-chinoises
- l’association des chinois d’outre mer
- Mairie du 7è
- Maison Ravier
Calendrier
- Mars/avril : mise en place, préparation des actions et coordination avec les partenaires
- Mai/début juin: déroulement hebdomadaire des ateliers écriture/théâtre et déco, arts plastiques - 5 séances de 3 heures soit un volume d’heures de 15h/atelier
- Juin : les micro-évènements soit 3 caravanes et 3 lit-ambulant et 3 veillées nocturnes à la Cité des Jardins en alternance
- Juillet : expo en bibliothèques
- Soirée-événement ; première quinzaine d’août
Demandes techniques
- un local abrité et sécurisé d’environ 100 m2 et de plain-pied pour les ateliers déco (entrepôt d’une caravane, remorque, peintures, matériel, branchement électrique, point d’eau, toilette) ; Eventuellement cour extérieure fermée pour travail à l’extérieur.
- autorisation de stationnement de caravane sur marchés : Jean Macé, Jean Jaurès (près de la Cité) ( endroits à préciser) et branchement électrique 220/16 A
- autorisation de stationnement de remorque sur espaces publics, jardins ou squares (à préciser)
- un point d’accueil pour la compagnie
Principe
Il aborde le thème des sensations de nuit : trouver un espace de ressourcement aux antipodes de la sur activité de nos villes qui nous épuise dans l’action. Un état de silence habité et sensible où l’on est plus « à être » qu’ « à faire ». Une porte de passage à cette vacuité indispensable, et pourtant mise en exil aujourd’hui dans notre société.Nous sommes souvent dans une frénésie d’activité.Le soleil se lève en “continu” : les villes sont envahies de lampadaires électriques, de néons, d’enseignes lumineuses. Les magasins sont ouverts 24 /24, les supermarchés livrent chez vous le samedi et le dimanche. Les villes ne s’arrêtent plus, leurs nuits sont “blanches”. Les citadins “éclairés” n’ont guère l’occasion de profiter des rayons de lune et préfèrent souvent ceux des “lampes à bronzer”. Nous vivons dans la lumière crue d’un “éternel printemps” « d’une éternelle activité »Nous allons proposer aux habitants de vivre un voyage de sensation de nuit dans son quartier, sa ville, sa vie.Dans un premier temps en petits groupes et avec l’accompagnement de veilleurs de nuit, les spectateurs seront invités avec humour et douceur, à témoigner, ressentir ce passage du jour à la nuit : collectages de paroles, de sensations lui permettant d’explorer, d’approcher et de pénétrer un territoire plus intérieur, plus intime et un espace propice à la détente, la rêverie : celui d’un monde gouverné par les planètes, la nuit.En amont et parallèlement se dérouleront ateliers et interventions.Dans un deuxième temps, nous organiserons dans la Cité des Jardins une fête de la nuit qui sera le résultat de ces différentes actions et proposera aux habitants de partager et de vivre un moment « hors du temps » sous le ciel nocturne.
- Une invitation à prendre le temps, à rêver, à aimer, à s’immerger dans une onde de calme, loin de l’agitation de notre monde.
- Une occasion de retour à soi et à l’autre
- Une proposition à « être » plutôt qu’à faire, seul parmi les autres, ensemble avec les autres, acteurs ou spectateurs
Mise en action
Il s’agit de mettre en œuvre un projet de création artistique à caractère inter générationnel international et pluridisciplinaire à travers la mise en place de :
Trois types de modules d’intervention :
Tout au long de l’évènement, ces modules se déplaceront ponctuellement dans le 7ème sur différents lieux lisibles de vie quotidienne.Ces modules sont à la fois un moment artistique et un moment de collectage et de prise de parole. Ils sont destinés à avoir une lisibilité dans l’espace urbain. Ils seront animés conjointement par des artistes chinois et français
- la caravane-impressions de nuit est un lieu un peu secret où les habitants entreront pour vivre un moment particulier. C’est à la fois un lieu de collectage où, à la suite d’une parole d’un comédien, d’un morceau de musique ou d’un court film, ils seront invités à prendre la parole sur leur « impression » de nuit. La parole des habitants sera enregistrée et filmée et servira de base à la soirée-événement.

- Le lit ambulant sur une remorque. Un lit surdimensionné se déplace de lieu en lieu invitant les habitants à s’allonger pour un instant particulier de nuit. Un musicien et un comédien l’aident à vivre ce court moment de calme et de ressourcement poétique où il aura le droit de dormir quelques instants, de faire quelques confidences, de dormir quelques instants. De la même manière, nos plasticiens garderont une trace photographique qui servira de base à l’événement spectacle.

- Des interventions et des ateliers. Nous proposons ici des interventions interactives d’artistes chinois et français sur le thème de la nuit. Ces interventions sont destinées à frapper l’imaginaire des habitants et à les solliciter : une immense calligraphie est construite sur le sol ou une façade. Avec des pinceaux, les habitants sont sollicités pour apporter leur part subjective à cette œuvre. Des habitants de la cité des Jardins en invitent d’autres au pied de leur immeuble pour partager une collation et une veillée au cours de laquelle ils pourront suivre un de nos sélénites pour repérer les impressions de nuit que sollicite la ville.
Soirée-évènement Cité des Jardins
Cet événement se construira tout au long de la manifestation de « Tout l’ monde dehors ». C’est un moment convivial (danse exposition plastique nourriture…) où les habitants pourront porter un autre regard sur un lieu encore assez mal connu. Elle peut être associée au spectacle de la compagnie « Impressions de Nuit » résultat de son travail de recherche en Chine, et proposé dans le cadre de la programmation de « Tout l’Monde Dehors » .
La philosophie
Le mot philosophie (du grec ancien φιλοσοφία, composé de φιλεῖν, « aimer » et σοφία, « la sagesse, le savoir », c’est-à-dire littéralement : « l’amour de la sagesse » ou « l’amour du savoir ») désigne une activité et une discipline existant depuis l’Antiquité et se présentant comme un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l’existence humaine, ou encore comme un savoir systématique. Différents buts peuvent lui être attribués, de la recherche de la vérité, et de la méditation sur le bien et le beau, à celle du sens de la vie, et du bonheur, mais elle consiste plus largement dans l’exercice systématique de la pensée et de la réflexion. Ancrée dès ses origines dans le dialogue et le débat d’idées, la philosophie peut également se concevoir comme une activité d’analyse, de définition, de création ou de méditation sur des concepts.
À la différence des sciences naturelles, des sciences formelles et des sciences humaines, auxquelles elle est intimement liée par son histoire, la philosophie ne se donne pas un objet d’étude particulier et unique. On trouve toutefois au sein de la philosophie des domaines d’étude distincts, tels la logique, l’éthique, la métaphysique, la philosophie politique et la théorie de la connaissance. D’autres disciplines se sont jointes, dans l’histoire, à ces branches fondamentales de la philosophie, comme l’esthétique, la philosophie du droit, la philosophie des sciences (appelée aussi épistémologie), la philosophie de l’esprit, l’anthropologie philosophique, ou la philosophie du langage.
Étymologiquement, « philosophia » n’est pas une construction moderne à partir du grec1, mais bien un mot de la langue grecque elle-même, depuis l’Antiquité. Les termes φιλόσοφος (philosophos) et φιλοσοφεῖν (philosophein) apparaissent en quelques occurrences chez les penseurs présocratiques2 Héraclite, Antiphon, Gorgias et Pythagore, mais aussi chez d’autres penseurs contemporains de Socrate, commeThucydide ou Hérodote. D’après un écho d’Héraclide du Pont, Pythagore serait d’ailleurs le premier penseur grec à s’être qualifié lui-même de « philosophe3 ». Toutefois, c’est la pratique qu’en fait Socrate, dans les dialogues de Platon (où l’on trouve un usage abondant du mot), qui fixera le type de recherche et de questionnement en quoi consiste encore aujourd’hui la philosophie4.
Le terme est composé des mots « ami » (philos) et « sagesse, savoir » (sophía), la « philosophie » signifiant ainsi : « amour de la sagesse » ou « amour du savoir ». La philosophie est à plusieurs reprises définie par Platon comme étant en opposition avec les désirs « humains » :philo-hèdonos (amour du plaisir), philo-sómatos (amour du corps), ou philo-nikos (amour de la victoire). Pour lui, elle s’exerce plutôt dans la partie « plus qu’humaine » des êtres humains, c’est-à-dire dans une pratique purement intellectuelle, et elle est synonyme de φιλομαθια (philomathia) : « amour de la connaissance5 ». Par ailleurs, elle est une tension vers un savoir ou une sagesse que l’on ne possède pas, et en ce sens elle relève d’un désir permanent : ainsi, Socrate, lors de son procès rapporté dans l’Apologie de Socrate, affirme être « ami de la sagesse », et non pas « sage6 ». C’est ce qui l’amène à trouver dans sa condamnation à mort une chance ultime de séparation de son corps (proprement humain) et de son âme (proprement intellectuelle), cette âme pouvant alors peut-être contempler le savoir après la mort (voirPhédon).
« Désir de connaître et amour du savoir, ou philosophie, c’est bien une même chose ? »
— Platon, La République, II, 376b
La philosophie contemporaine, issue d’une tradition multiple, se présente sous des formes variées : tradition herméneutique et postkantienne en Allemagne, philosophie analytique dans les pays anglophones et dans une grande partie de l’Europe, tradition phénoménologique en Europe continentale7. Certains remettent fortement en cause la tradition philosophique et ses présupposés telle la philosophie féministe, la déconstruction de Derrida ou de Heidegger. Ces courants forment autant de pratiques différentes et d’opinions divergentes sur la nature de la philosophie, qui interdisent de donner une définition unique acceptable par tous. S’il y a aujourd’hui plusieurs traditions philosophiques, aucune ne peut prétendre résumer l’activité philosophique à elle seule, ni décrire l’activité philosophique de façon consensuelle.
Les difficultés à définir la philosophie sont en outre de nature épistémologique, car il est difficile de délimiter rigoureusement méthodes, thèmes et objets de la philosophie. Historiquement, elle a pu en effet s’inspirer d’autres disciplines (des mathématiques, voire dessciences positives). Pourtant, elle n’a jamais réussi à développer une méthode ou un ensemble de méthodes qui auraient réussi à s´imposer parmi les philosophes (comme la méthode expérimentale s’est imposée en physique et en chimie par exemple). En outre les amalgames entre la philosophie et d’autres disciplines sont de plus favorisés par une tradition de philosophes aux intérêts très divers. Ainsi Aristote aura été aussi bien logicien, que philosophe ou naturaliste. Déterminer le philosophe par sa fonction sociale n’est donc pas aisé. La plupart des activités autrefois appartenant à la discipline sont devenues aujourd’hui autonomes (psychologie, sciences naturelles, etc.), et la part propre de la philosophie s’est réduite.
Mais il est également délicat de déterminer l’essence de la philosophie, soit parce que son statut dans la société est lui-même difficile à cerner, soit qu’elle a été ramenée à d’autres disciplines apparemment proches. Dès l’Antiquité, par exemple, Socrate était confondu dans Les Nuées d’Aristophane avec les sophistes, que Platon nous présente pourtant comme ses adversaires dans ses dialogues. Et même sans tomber dans un quelconque pathos du philosophe incompris par ses contemporains, on peut se demander quelle est sa fonction dans la société. En tant que discipline théorique, son intérêt semble limité parce qu’elle est sans portée pratique et sans fondements scientifiques. En tant que recherche de la sagesse, elle s’adresse à l’individu plus qu’à la communauté.
Malgré les difficultés que comporte cette entreprise, il est possible de distinguer certaines grandes caractéristiques positives de la méthode philosophique. La philosophie se comprend comme un travail critique. C’est une de ses définitions les plus courantes. Cette critique n’est cependant jamais purement et simplement négative. Elle a pour but de créer de nouvelles certitudes et de corriger les fausses évidences, les illusions et erreurs du sens commun ou de la philosophie elle-même. Socrate, par exemple, interrogeait ses contemporains et les Sophistes afin de leur montrer leurs contradictions et leur incapacité à justifier ce qui leur semblait évident11. Descartes12 est à l’époque moderne le meilleur représentant de cette conception de la philosophie, car, selon lui, seul un doute radical et général pouvait être le fondement d’une pensée parfaitement rigoureuse et indubitable.
La philosophie est souvent caractérisée comme un travail sur les concepts et notions, un travail de création de concepts permettant de comprendre le réel, de distinguer les objets les uns des autres et de les analyser, mais aussi un travail d’analyse des concepts et de leurs ambiguïtés13. Elle a très tôt14reconnu les problèmes que posent les ambiguïtés du langage. De nos jours la philosophie analytique donne elle aussi une grande place à ce problème.
En outre, à la différence des sciences, la délimitation des méthodes et du domaine de la philosophie fait partie de la philosophie elle-même. Chaque penseur se doit d’indiquer quels problèmes il souhaite éclairer, et quelle sera la méthode la plus adaptée pour résoudre ces problèmes. Il faut en effet bien voir qu’il y a une unité profonde des problèmes philosophiques et de la méthode philosophique. Il ne faut donc pas voir l’instabilité des méthodes et des thèmes philosophiques comme une faiblesse de la discipline, mais plutôt comme un trait caractéristique de sa nature. Ainsi, la philosophie est une sorte de retour critique du savoir sur lui-même, ou plus précisément une critique rationnelle de tous les savoirs (opinions, croyances, art, réflexions scientifiques, etc.), y compris philosophiques - puisque réfléchir sur le rôle de la philosophie c’est entamer une réflexion philosophique15.Cette résidence est pour nous l’occasion de présenter un événement à double détente (les modules et la soirée) qui s’inscrit réellement dans la vie des habitants du 7ème.Il a aussi pour but d’amener les habitants de Lyon à mieux connaître le lieu de Gerland quartier en devenir.Notre action s’appuie à la fois sur une base d’artistes chinois et français qui ont le même souci de faire partager leur culture et proposer peut être un point de vue un peu différent sur le monde.Nous nous appuierons évidemment aussi sur l’énergie vivante des habitants et des associations du VIIe arrondissement qui est très repéré pour sa communauté asiatique.La succession de petits évènements est une manière de créer une véritable dynamique conduisant directement à la soirée événement. C’est l’articulation de ces évènements et leur lisibilité tout au long du déroulement de « Tout l’ monde dehors » qui permettra d’amener un public impliqué dans la soirée événement de clôture.